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Ma première idée était de faire une mise à jour, sous forme de fascicule imprimé à compte d’auteur, du « Dictionnaire des rues »1 paru en 1992. Une mise à jour nécessaire, 12 ans plus tard, tant au fil des témoignages et documents recueillis, il devenait impératif de compléter, voire même parfois de contredire, ce que j'avais écrit une décade plus tôt. Au fur et à mesure que les pages se remplissaient, je m'aperçu que je devenais plus un « lecteur spectateur curieux » qu'un « rédacteur ». Insensiblement, je quittais le côté concis des définitions de dictionnaires pour aller au plus près des vies des personnages, des ambiances ou des faits. Le grand responsable de cette « dérive » est, bien entendu, Internet et ses infinies bases de données2 offrant à qui en à le goût (et reconnaissons-le, le … temps !) la possibilité d’aller au bout de ses envies. Qui aurait pu croire que je donnerais ainsi un corps insoupçonné à cette phrase, qu’en 1968, avec d’autres lycéens en rupture de génération, je scandais par rêve ou utopie « je prends mes désirs pour des réalités car je crois à la réalité de mes désirs » Le résultat, c’est un peu plus d’un millier de sites visités (pour n’en retenir qu’environ 150) en plusieurs centaines d’heures de « navigation sur la toile ». C’est près d’une centaine de cartes postales anciennes et certainement autant de photos plus récentes ayant su suspendre le temps des nombreuses transformations du Torcy « ville nouvelle ». Tout n’est probablement pas parfait mais les bases sont posées et n’attendent que vos connaissances ou archives pour, au fil du temps, se compléter, se peaufiner, se « sépiaïser » afin que chacun puisse encore mieux s’approprier ce « bout » de Seine et Marne, « seconde patrie » de coeur pour le plus grand nombre des torcéennes et torcéens de maintenant.
Bien à vous
Gérard Burlet
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Cela fait maintenant près de 35 ans que je "fréquente" Torcy. Arrivé, juste avant la Ville Nouvelle, j'ai pu vivre le Torcy d'hier et accompagné tous les changements du Torcy nouveau. Mes premiers souvenirs (de ceux qui font appel à la seule mémoire car plus rien ne permet de les visualiser aujourd'hui) sont ces allers et retours incessants avec mon père, mes frères et soeurs à la source qu'entre nous on appelait "du Couvent" et où coulait une eau que la rumeur disait la plus pure des environs ... Que de bidons et jerricans avons-nous remplis ! Aujourd'hui, la construction du quartier du Clos l'a fait disparaître, tout comme elle a comblé les souterrains de l'ancien château (c'est du moins ce que tout le monde croyait) où l'attrait d'un terrain de jeux interdit nous faisait oublier les risques d'éboulement. Impossible aussi de retrouver ou même d'imaginer cet immense verger, à l'angle de la rocade et de la route de Croissy (pardons de l'avenue de Lingenfeld !) dont nous "chipions" les fruits. Plus, non plus, de moutons à qui faire peur en veillant à ne pas se trouver à portée de canne du berger qui termina sa vie au grand air sur les coteaux avant la construction du quartier Victor Hugo. Oui, difficile d'imaginer cela de nos jours ! Et pourtant cela ne remonte qu'à une trentaine d'années. Même pas l'espace d'une vie ! C'est pour préserver ce fil du temps que l'association Vis & Voluntas a parrainé ce site, imaginé par un passionné de notre histoire locale, une sorte de chineur de souvenirs. J'espère que vous aurez le même plaisir que nous à parcourir ces pages et, peut être, de découvrir que ce territoire de Ville nouvelle est bâti sur un terreau de multiples petites histoires attachantes.
Cordialement
Bruno Auréal |